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Gaëlle Lombard
Gaëlle Lombard, docteur en études cinématographiques, a enseigné à l’université Paris 7 et à l’université Rennes 2. Elle est l’auteur d’une thèse sur F.F. Coppola (Le démiurge enchaîné – les figures de la transgression et du châtiment dans l’œuvre de F.F. Coppola) et d’articles, dont « Dracula : ultime variation du pouvoir dans l’œuvre de F.F. Coppola », dans Bram Stoker’s Dracula, dirigé par G. Ménégaldo et D. Sipière (Ellipse, 2005) et « Le classicisme, un paradis perdu ? : Coppola et les films de blousons noirs » (bulletin du CICLAHO, Nanterre, courant 2008). Elle travaille aussi sur d’autres objets, comme la frontière documentaire-fiction chez Jean Painlevé, le comique chez Pedro Almodovar ou la comédie musicale contemporaine.
The Last Word ? La question du dispositif dans L Word…
Jenny, jeune écrivain, fraîchement débarquée à Los Angeles, y retrouve son petit ami Tim. Rapidement son quotidien est bouleversé : par la rencontre avec ses voisines, Bette et Tina, c’est un tout autre univers et surtout une nouvelle sexualité qui s’offrent à elle. Des sorties entre amies au bar « The Planet » à l’exploration de la libido de chacune en passant par la découverte de couples, libertins ou en quête de légalisation, le spectateur se retrouve pris à son tour dans le piège communautaire, pour ne pas dire prisonnier de la toile d’Alice Pieszecki, gigantesque pieuvre relationnelle dressée sur le net où chaque tentacule, en quelques secondes, met en lien une personne avec une autre, surtout s’il s’agit de relations sexuelles et à plus forte raison de liaisons lesbiennes. Ainsi, les héroïnes, prises isolément dans leur vie, se voient inévitablement attirées par le groupe, à l’image du générique qui enchaîne leurs clichés, pour au final les unir dans une seule et même photographie, traduisant un sentiment de prédestination : on veut sortir de cette chaîne (Tina, dans la saison 4), on veut y entrer (Jenny, dans la saison 1 ou Phyllis dans la saison 4), on veut y régner (Shane, sur l’ensemble des saisons ou Papi, dans la saison 4), mais les mots commençant par L, extensions possibles de la lettre du titre de la série (renvoyant spontanément à Lesbians ou Love) et qui donnent leur intitulé à chacun des épisodes, finissent toujours par l’emporter.
Bâti sur l’idée d’une société quasi-autarcique, le milieu homosexuel féminin de LA, L.World développe, comme argument dramatique, la difficulté, voire l’impossibilité, de sortir de ce dernier : la communication, à travers plusieurs exemples, tentera de montrer comment la série joue sur l’ambivalence du lien communautaire (étouffant et réconfortant) et fait de ce dernier un piège permanent.