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Aurélie Blot, Université de Paris 10
Aurélie Blot est actuellement doctorante à l’Université de la Sorbonne Paris IV et ATER en LLCE Anglais à l’Université de Paris-Ouest Nanterre la Défense. Elle prépare une thèse sur l’image de la famille dans les sitcoms américaines et son évolution depuis les années 1950, sous la direction de Monsieur le Professeur Pierre Lagayette. Écriture d’un article pour la revue Transatlantica, ‘’Lucille Ball, the Queen of Show Business versus Lucy Ricardo, the Failed Actress. When the Actress Plays the Role of the Businesswoman”, Transatlantica, 2010, The Businessman as Artist in American Civilization. Participation au congrès de l’AFEA de 2009 à Besançon dans l’atelier de culture populaire dirigé par Monsieur le professeur Georges-Claude Guilbert. Intitulé de la communication : « ‘All in the Family’ : exutoire aux peurs des Américains des années 1970 ? »
Grey’s Anatomy ou l’art d’être piégé : quand les procédés narratifs sont au service de la manipulation et de la dépendance des téléspectateurs
Grey’s Anatomy, la nouvelle série télévisée qui rassemble plus de dix millions de téléspectateurs chaque semaine Outre Atlantique, est un mélange entre Urgences et Sex and the City où interventions chirurgicales et vie sentimentale s’entremêlent comme nous le démontre assez explicitement le générique représentant deux corps entrelacés sur une table d’opération.
Sous ses apparences trompeuses de série décousue et disloquée, dues en partie au rythme effréné des interventions chirurgicales, se cache un mécanisme narratif complexe dont le but est de créer chez le téléspectateur une fascination voire une obsession envers la série.
Au même titre que les gardes interminables des internes, le visionnage des épisodes par les téléspectateurs s’enchaînent, allant parfois jusqu’à trois épisodes à la suite. À l’instar des médecins qui injectent des produits dans le corps de leurs patients, la série est injectée telle une drogue dont le téléspectateur ne peut se passer.
Aussi pourrions-nous parler de boulimie. Une boulimie d’actions et de rebondissements en tout genre que le téléspectateur ingurgite jusqu’au moment tant redouté de la fin brutale de l’épisode qui le laisse alors sur sa faim, une faim qui ne pourra être assouvie jusqu’à la diffusion du prochain épisode. Le téléspectateur est alors réduit à un état de frustration et de manque qui est s’en cesse recherché par les scénaristes afin que le téléspectateur devienne accro et piégé par la narration. Ce piège est habilement tendu par les scénaristes qui prennent plaisir à jouer de nos attentes et de nos idées reçues en changeant les codes narratifs, ce qui a pour but de déstabiliser les personnages et surtout les téléspectateurs.
Mais quels sont les procédés des scénaristes? Le succès de la série provient-il du réalisme des interventions chirurgicales, du cadre hospitalier, des rebondissements à répétitions? Ou bien serait-t-il dû à ses personnages si attachants parce que si fragiles sous leurs blouses blanches? Comment les personnages et les téléspectateurs sont-ils manipulés par les scénaristes?
Lors de cette communication, je vous propose d’étudier la façon dont les mécanismes narratifs sont utilisés et parfois déviés dans la série à succès afin de surprendre le téléspectateur et de le piéger dans une spirale narrative sans fin, puisque Grey’s Anatomy c’est avant tout l’art d’être piégé.