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Virginie Marcucci, Université de Tours
Virginie Marcucci, après des études de CPGE littéraire, a effectué une licence puis une maîtrise d’anglais à Lyon 2. Elle a ensuite été auditrice à l’ENS LSH afin de préparer l’agrégation, qu’elle a obtenue en 2002. Elle a immédiatement commencé à enseigner en classes préparatoires et s’est inscrite en DEA avec le Professeur Guilbert en 2007. Elle a, cette année-là, participé au congrès de l’AFEA où elle a fait une communication sur l’image de la France dans Sex and the City, communication qui a par la suite été publiée dans la RFEA n°115. Elle est aujourd’hui inscrite en thèse avec GC Guilbert et travaille sur le féminisme dans Desperate Housewives.
“Hooked” on Desperate Housewives
A la lecture des premiers articles de journaux ou critiques écrits sur la série de Marc Cherry Desperate Housewives on ne peut s’empêcher de remarquer la reprise du même motif, celui du spectateur qui après le visionnage d’un seul épisode parfois se dit “hooked”.
On en vient alors à se demander quels sont les mécanismes à l’origine de ce piège, doux mais pourtant diaboliquement efficace, qui vous happe dès que vous posez les yeux sur Wisteria Lane, ses habitations coquettes et ses couples apparemment sans histoire. On peut tout d’abord mentionner la grande cohérence des personnages de femmes au foyer tels que Gaby, Bree, Lynette, Susanne qui est à l’origine d’une adhésion et d’une identification très rapides aux héroïnes et explique en partie le désir presque instantané de savoir ce qui leur arrive, leur est arrivé et leur arrivera. Ensuite chaque épisode de chaque saison s’emploie à résoudre le mystère de l’épisode précédent voire de la saison entière – chaque saison tournant autour d’un mystère particulier. La construction de la série privilégie donc les motifs du puzzle, du cliffhanger hebdomadaire voire celui de la tapisserie de Pénélope, où chaque épisode défait une partie du mystère pour mieux pouvoir le retisser immédiatement après.
Malgré cela, la construction de la série joue avec les nerfs et l’esprit de déduction du téléspectateur qui, se prenant au jeu de l’enquête qu’il tente de résoudre en même temps que les personnages, tombe dans le panneau des fausses pistes, des faux indices et montages trompeurs qui lui sont proposés volontairement et non sans une certaine malice par les scénaristes et le réalisateur. Enfin la narration de certains épisodes (comme celui de la tornade dans la quatrième saison) échappe à ce fonctionnement et crée un espace de renouveau pour la série, ce qui permet d’en relancer la dynamique.