A partir de l'arbre phylogénique (si dessus) on peut définir
plusieurs couches datées précisément grâce à
leur contenu paléontologique : des biozones.
1ère biozone : à petits micrasters leskei Turonien supérieur.
2ème biozone : à grands micrasters leskei Turonien supérieur.
3ème biozone : à micrasters normanniae et decipiens Coniacien
basal.
4ème biozone : à micrasters decipiens, turonensis et gibbus
reste du Coniacien.
5ème biozone : à micrasters gibbus et coranguinum première
moitié du Santonien.
6ème biozone : à micrasters coranguinum et rostratus fin du
Santonien.
7ème biozone : à micrasters rostratus Campanien.
Ainsi, si vous identifiez des micrasters gibbus et coranguinum dans une même
couche de roche, vous pouvez être sûr que cette couche date de
la première moitié du Santonien.
Il s'agit quand même d'une période de 3 millions d'années
!. Mais, c'est une date relativement précise dans les temps géologiques
Conclusion :
Ce travail, basé sur la récolte de fossiles effectuée
au Tilleul et à Mers-Les-Bains (Seine-Maritime) par Gérard Breton
(paléontologue du Muséum du Havre) et par Monique Fouray, ne
prend en compte que 7 espèces de micrasters et leurs intermédiaires.
Cependant il existe de très nombreuses espèces de Micrasters,
souvent remises en cause par des spécialistes dont les avis divergent.
(C'est le cas ici de micraster turonensis.)
De plus, si les micrasters peuvent avoir un rôle stratigraphique dans
la craie du Nord-Ouest de la France, ce n'est pas forcément le cas
dans d'autres régions

L'évolution des caractères décrits plus haut, tels que l'ornementation des zones interporifères, permettent de dresser l'arbre phylogénétique suivant : ( vous noterez qu'il manque micraster turonensis, il s'agit en effet d'une espèce très controversée, elle se situe entre micraster decipiens et coranguinum ).
On observe en fait une évolution progressive et lente des différents
caractères au cours du temps, il s'agit d'un phénomène
d'anagénèse.
Ainsi, si on prend en compte l'ambitus (voir page1), on peut remarquer que
les espèces leskei et normanniae sont trapézoïdales, cependant
certains normanniae sont cordiformes et certains decipiens sont trapézoïdaux.
Enfin, après decipiens tous les micrasters sont cordiformes.
Ce caractère (l'ambitus) a donc évolué progressivement
entre normanniae et decipiens.