Les côteaux crayeux

Un patrimoine naturel abandonné

Autrefois lieux d'une activité importante (cultures de céréales, pâturages, vergers, vignobles), les coteaux calcaires ont été peu à peu délaissés car peu rentables par rapport à la plaine. Progressivement, ils ont été envahis par les arbres et les arbustes. Importants réservoirs de biodiversité, ils constituent un des éléments majeurs du paysage régional.

Géologie
A l'ère secondaire, de petites algues (coccolithes) en se déposant au fond de la mer constituent la craie. A l'ère tertiaire, la mer se retire et la terre se soulève. A l'ère quaternaire, l'alternance de pérodes glaciaires et de périodes chaudes provoque des glissements d'argile et de loess vers le bas des pentes. Pendant les glaciations, dans la toundra arctique, évoluent de grands herbivores : mammouths, rhinocéros, rennes,...En période de réchauffement, on voit arriver éléphants, lions et hyènes.

Climatologie
La Haute-Normandie offre une diversité de climats, contrastés entre le Nord et le Sud de la Seine. Le climat détermine des secteurs géographiques où la flore et la faune des pelouses calcaires apparaissent différents :

- coteaux d'affinité maritime = pelouses ouvertes du littoral et de l'estuaire;
- coteaux d'affinité méridionale = coteaux arides de la vallée de la Seine (espèces laté-méditerranéennes).

Les humains sur les coteaux
Au Paléolithique, les coteaux étaient des lieux de passage, d'observation et de récolte de silex. Au Mésolithique, ils sont exploités pour le bois. Le réchauffement progressif du climat favorise l'installation d'espèces arbustives. A la fin de la Préhistoire, l'homme introduit des animaux domestiques méditerranéens (moutons, chèvres). Les cavités naturelles seront utilisées jusqu'au début du XXème siècle (troglodytes). Des carrières sont ouvertes pour la construction des édifices et pour l'amendement des champs.

La flore
La diversité floristique des coteaux est incomparable : on a pu dénombrer plus de 200 espèces végétales dans un même lieu. Les plantes calciphiles développent leurs racines à la recherche de l'humidité (Orpins). Suivant la nature du sol, du climat et de l'exposition, on trouvera des plantes à affinités méridionales ou de plantes supportant le froid (Gentiane, Herminium). Au printemps, certains sites sont couverts d'Orchidées sauvages réparties en plusieurs dizaines d'espèces.
La compétition est sévère et petit à petit les plantes pionnières sont remplacées par d'autres. Dans les parties exposées au vent les végétaux se raréfient ou se rabougrissent. La disparition des grands cervidés a favorisé la pousse d'arbustes envahissants qui apauvrissent le milieu.

La faune
La diversité de la faune est liée à la diversité de la flore. Ce sont les invertébrés qui sont les plus remarquables : papillons, gastéropodes, arachnides,...La vallée de la Seine constitue la limite septentrionale pour la Mante religieuse et la Cigale de montagne.
Les reptiles sont représentés par la Vipère péliade et la Coronelle lisse. Le Lézard vert est également présent le long de la Seine.
Les oiseaux sont d'espèces communes. Ceux qui se nourissent des baies d'arbustes participent à la prolifération de ceux-ci.

Protection et gestion conservatoire
Au boisement apauvrissant s'ajoute la destruction par les activités humaines, cultures, plantations, activités de loisirs, urbanisation, etc... La préservation des espèces rares et des écosystèmes ne peut se faire qu'à travers des plans de gestion tenant compte d'objectifs mettant en jeu différents paramètres.
La signature de conventions entre collectivités locales et organismes de gestion permet de réhabiliter certains coteaux et d'en suivre l'évolution. Le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie s'est fait une spécialité et ses actions sont reconnues au plan national et à l'étranger. L'utilisation, pour pâturage, d'ovins et de bovins donne des résultats très intéressants.

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