
Historique
Des fouilles archéologiques
ont apporté les preuves d'occupation aux époques néolithique
(découverte d' "ateliers de piochonnage") et gallo-romaine (statuette).
Au XI ème siècle, elle est une "forêt seigneuriale"
et au XIIIème siècle un cartuaire
l'indique sous le nom de "Forêt des Hallates". Beaucoup plus étendue
qu'à l'heure actuelle, elle reliait Graville à St Romain de
Colbosc. En 1771, Louis XV en fait l'acquisition et elle devient "forêt
royale", puis à la révolution, elle est intégrée
au "domaine national". Le gouvernement la met en vente en 1816 et c'est le
comte Cavelier de Montgeon qui en devient le nouveau propriétaire :
sa surface n'était plus que de 350 ha..
Le comte Cavelier de Montgeon lui transmet son nom et
y plante des sapins (la sapinière). Ses
héritiers mettent la forêt à nouveau en vente en 1886.
Elle échoit à un négociant havrais Aimé Ernest
Dubosc. La succession Dubosc, en 1902, amène une vente aux enchères
par lots. La ville du Havre acquiert les lots 26 et 27; les 28ème
et 29ème sont vendus pour de futurs lotissements (Sainte
Cécile et Frileuse).
L'objectif de la municipalité est d'en faire
un parc de loisirs pour les havrais. Après avoir été
seigneuriale, puis royale, nationale et privée, la "Forêt des
Hallates" maintenant dénommée "Forêt de Montgeon", devient
au XXème siècle municipale.
Rôle économique
Au
Moyen-Age, c'était à la fois une réserve de chasse et
une réserve de bois. On y puisa largement pour construire la "Ville
Françoise" à partir de 1517.
Pourtant aux XVIème et XVIIème
siècles, malgré les gros besoins en bois pour la construction
navale, elle n'est utilisée que pour le bois de chauffage.
En 1783, l'hiver très rude provoque un pillage
énorme par la population (40 acres sur 440 disparaissent).
Au XIXème siècle, le comte
de Montgeon l'exploite avec intensité mais le propriétaire suivant,
A.E. Dubosc, la fait clore pour en faire une réserve de chasse, son
entrée est interdite au public.
Lorsque la Forêt de Montgeon devient municipale,
les indigents sont autorisés à y ramasser le bois mort pendant
l'hiver.
Deux carrières sont ouvertes en 1915 et 1920
pour fournir les cailloux de la voierie municipale (Val Reinette et Bois des
Marettes), mais sans succès.
Au XIXème et XXème
siècles, elle subira maintes dégradations lors des présences
militaires successives de 1870 à 1945.
Présence militaire
Au Moyen-Age, un groupement de paysans se soulève
contre les anglais pendant la Guerre de Cent-Ans et se cache dans la forêt.
En 1870-71, on construit des fortins dans la forêt
en prévision de l'invasion ennemie (ils ne serviront pas…).
Un champ de manœuvres est installé à partir
de 1905. 36 hectares sont défrichés. Un champ de courses hippiques
est également créé en 1921, il sera également
utilisé par les militaires pour les manœuvres.
De 1939 à 1945, la Forêt de Montgeon voit
successivement s'installer les Anglais (1939-40), les Allemands (1940-44)
puis les Canadiens et les Américains ! En 1945-46, le camp Herbert
Tareyton occupe presque toute la forêt.
Aux bombardements de la guerre vont s'ajouter les déprédations
des militaires : plusieurs dizaines d'hectares vont être déboisés,
en totalité ou partiellement.
La
serre tropicale
Près de la maison de la forêt, la serre tropicale est un petit
coin d'exotisme dont profitent les promeneurs du dimanche. Dans une atmosphère
chaude et humide s'épanouissent des plantes, petites ou gigantesques,
autour d'un petit bassin à poissons. Quelques perruches en cage et
poissons en aquarium accueillent les visiteurs à l'entrée.
La
maison de la forêt
Elle est un lieu d'accueil et un centre municipal d'animations sur le thème
des arbres et de la nature. Un élevage de coccinelles à but
pédagogique fait comprendre les mécanismes de la reproduction
et les avantages de la lutte biologique.

La
Forêt en chiffres


Forêt refuge
Comme beaucoup d'autres forêts, celle de Montgeon
servira de refuge aux malfaisants ; les désespérés viendront
s'y pendre et on rencontre des "bêtes sauvages"…
Au XXème siècle, elle verra
venir des marginalisés, des exilés et les sinistrés de
la guerre : le camp H. Tareyton est transformé en cité d'accueil.
En 1958, on y compte 2950 habitants dont 108 sinistrés
seulement ! Le dernier vestige de ce camp disparaîtra en 1982.
Forêt de loisirs
Dès son achat en 1902, la municipalité
émit le désir de faire de cette forêt de 300 ha un lieu
de promenade et de loisirs pour la population du Havre. Un projet ambitieux
fut proposé par l'architecte R.E. André, mais faute de moyens
il ne fut pas réalisé.
L'hippodrome recommença à fonctionner
de 1922 à 1939. En 1910, une colonie de vacances fut installée
et s'y développa. Après la guerre, il fallut remettre la forêt
en état. En 1964, la municipalité aménagea des structures
de loisirs pour la plus grande joie des havrais. Il ne restait que 250 ha
après les grignotages successifs subis tout au long de son histoire.
Serpentant dans le Sud de la forêt, il emmène le promeneur à la découverte des différentes essences d'arbres, au moyen de panneaux d'information. Durée du parcours : 45 mn environ.
Créé en 1992, il regroupe plus de 130 arbres, en majorité
des conifères, répartis en 4 familles (pinacées, cupressacées,
taxacées, gingkoacées), 22 genres, 61 espèces et 106
variétés.
Les essences proviennent d'Europe, d'Amérique du Nord, du Japon, de
l'Himalaya, etc...
Le parc animalier
Dans plusieurs enclos spécialisés vivent des daims, des ânes, des oiseaux de basse-cour et d'ornement : oies, canards, paons,... Sur les pièces d'eau évoluent cygnes et autres oiseaux aquatiques dont certains se reproduisent sur l'îlot.
La faune et la flore
Malgré une fréquentation importante (promeneurs, sportifs...), de nombreuses espèces sauvages sont observées dans la forêt. Pour les mammifères : écureuils, renards, fouines, lapins,... Une quarantaine d'espèces d'oiseaux, hôtes traditionnels de nos forêts: geais, chouettes, pics, sitelles, ...
Les champignons
Grâce à ses biotopes variés, la Forêt de Montgeon
recèle une importante diversité d'espèces de champignons.
La Société Linnéenne de Seine-Maritime recense chaque
année au moins 150 espèces dont certaines rares ou peu communes.
Malgré la présence d'espèces dangereuses (ex : Amanite
phalloïde), de nombreux ramasseurs de champignons parcourent la forêt
en automne.
Créé en 1992, il regroupe plus de 130 arbres, en majorité
des conifères, répartis en 4 familles (pinacées, cupressacées,
taxacées, gingkoacées), 22 genres, 61 espèces et 106
variétés.
Les essences proviennent d'Europe, d'Amérique du Nord, du Japon, de
l'Himalaya, etc...
Créé en 1992, il regroupe plus de 130 arbres, en majorité
des conifères, répartis en 4 familles (pinacées, cupressacées,
taxacées, gingkoacées), 22 genres, 61 espèces et 106
variétés.
Les essences proviennent d'Europe, d'Amérique du Nord, du Japon, de
l'Himalaya, etc...