Cycle de développement
des organismes cécidogènes

Il est important de rappeler que le cycle biologique de tout agent cécidogène comporte par définition une phase de vie dans la galle q'il a édifié. Cependant, la durée et la complexité des cycles sont très variées. Aussi sommes nous limités à décrire les cycles les plus typiques des principaux groupes de cécidozoaires.

Galles de Cécidomyides

Cette vaste famille comprend plus de 4 000 espèces, dont la biologie est remarquablement variée. Ces galles sont dûes à l'action de diptères.

Sur les plantes herbacées, les Cécidomyides comme Dasineura urticae ont un cycle annuel avec plusieurs générations successives identiques dont le nombre varie selon les conditions climatiques. Les larves quittent les galles pour s'empuper dans le sol. Pour d'autres espèces, l'empupement s'effectue dans la galle. Dasineura urticae présente souvent deux générations, l'une en juin (formant les galles d'été), l'autre en août, les larves de la seconde formant les galles d'automne, puis hivernant.

Sur les arbres et les arbustes, la plupart des Cécidomyides présentent un cycle annuel simple. Pour les galles de tige, la totalité du cycle se déroule dans la galle qui persiste sur la plante-hôte. En ce qui concerne les galles de feuilles, la partie du cycle qui comporte le développement larvaire (3 à 6 mois) s'effectue dans la galle sur la plante-hôte alors que l'empupement des larves se fait dans les galles lorsqu'elles sont tombées sur le sol (soit par suite de la chute normale des feuilles en automne, soit à la fin de l'été par des mécanismes particuliers). Pour les Cécidomyides qui attaquent les bourgeons, le cycle s'effectue en totalité (développement larvaire et empupement) dans la galle qui subsiste sur la plante-hôte. Dans certains cas exceptionnels, la durée totale du cycle peut s'étaler sur 2 ans comme pour Taxomyia taxi qui pond en juillet et reste à l'état larvaire toute l'année suivante avant de se métamorphoser en avril-mai, deux ans après la ponte.

Galles de Cynipides

Ces galles sont produites par des hyménoptères.

Les Cynipides ont généralement des cycles plus complexes à cause de l'existence d'une alternance de générations. En effet, 2 générations d'insectes se succèdent :

• l'une constituée exclusivement de femelles (génération parthénogénétique),
• l'autre d'individus des 2 sexes (génération sexuée).

Ces 2 générations induisent, à deux époques de l'année, sur la même plante, mais parfois sur des organes différents. La formation de galles est si différentes que pendant longtemps, on a cru qu'il s'agissait de galles causées par deux espèces distinctes. Il existe souvent une galle de printemps, petite, discrète et persistant peu de temps, et une galle d'été beaucoup plus grosse et durable ; notons qu'une galle est toujours nommée d'après l'insecte qui y a vécu durant sa phase larvaire et qui en sort, et non d'après celui dont la ponte est à l'origine de la galle. Ainsi Neuroterus quercusbaccarum provoque la formation de deux types de galles (galles en baie, puis galles en lentille) sur les feuilles de chêne. Sur l'érable, Pediaspis aceris induit au printemps des galles en groseille sur les feuilles puis forme en automne des galles brunes sur les racines. Pour Neuroterus quercusbaccarum, le cycle complet se déroule en une année, alors que pour Pediaspis aceris, le cycle dure trois ans.

Certains Cynipides ont cependant un cycle plus simple car seule subsiste la galle de la génération parthénogénétique. Il en est ainsi pour Diplolepis mayri responsable de la galle épineuse sur l'églantier et pour Diplolepis rosae qui provoque les "bédéguars" si fréquents sur la même plante-hôte.

Galles d'Aphides

Dans le cas des Aphides, plusieurs générations se succèdent aussi : individus sexués et individus non sexués. Mais contrairement aux Cynipides, ces différentes générations n'induisent généralement pas de galles différentes et très souvent certaines générations vivent en dehors de toute galle, sur une plante soit identique, soit différente de celle qui porte la galle. Dans la cas de Pemphigus spirothecae, la première partie du cycle se déroule dans la galle spiralée sur la feuille du peuplier, alors que la seconde partie s'effectue sur l'écorce du peuplier.

Galles d'Acariens

C'est un groupe fondamental de cécidozoaires, puisque plus de 15% ds galles de nos régions leurs sont imputables; ils se placent immédiatement après les Cécidomyidées .

Le cycle de développement de certains Acariens cécidogènes peut être simple et dans d'autres cas , plusieurs générations d'Acariens se succèdent dans la même galle. La galle est généralement fondée par une femelle gravide, dont la nombreuse descendance colonise la cécidie. Les acarocécidies sont souvent pourvues d'une pilosité caractéristique, formée par des poils unicellulaires ou pluricellulaires plus ou moins ramifiés, allongés ou claviformes, prenant l'aspect d'un feutrage blanc ou roux, parfois très dense; le limbe, s'il est déformé, peut être simplement boursouflé, ou bien former une poche de un à quelques millimètres contenant les parasites.

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GUENEAU Murielle, LE MEUR Myriam

Description des galles
Tableau des principales plantes-hôtes