
Les cécidies, communément appelées galles, correspondent à des ensembles de cellules ou de tissus végétaux présentant un développement modifié spécifique de l'influence d'un organisme parasite ou symbiotique. Elles se retrouvent sous forme d'excroissances produites sur les tiges et les feuilles de certains végétaux suite à une piqûre d'insectes parasites qui y déposent leurs oeufs.
Il est courant
de trouver dans notre région de nombreuses galles d'aspect variable à la période
de reproduction des insectes. Il suffit par exemple de se promener en forêt
pour ramasser de nombreuses cécidies sur les feuilles tombées à terre. La
durée de vie d'une galle est très variable ; on peut distinguer
les cycles courts (moins d'un an, parfois quelques semaines) et les cycles
longs (deux ou trois ans). Une galle est un organe végétal,
celui-ci évolue en même temps que la plante qui la porte, elle
peut vivre plus ou moins longtemps que celui-ci.
Les cécidies connues sont à 98% issues d'Angiospermes, suite à l'évolution
parallèle des insectes et des Angiospermes (végétal
dont les ovules sont enclos et les graines sont enfermées dans des fruits)
et 90% sur les Dicotylédones. En Europe près de 50% des galles
affectent les Fagacées, les chênes
étant de loin les plus intensément et les plus diversement touchés.
65% des galles affectent les feuilles (ex: Cynips
quercusfolii), 20% les tiges, 10% les bourgeons (ex: Diplolepis
rosae) et 5% sur les autres organes : fleurs, fruits, racines.
Les cécidies sont dues à l'intervention d'organismes étrangers, en particulier à partir de pontes d'insectes. L'insecte adulte va déposer un oeuf sur ou dans la plante (lors de blessures), provoquant une réaction de défense du végétal contre ce parasite.
Toutes les sécrétions larvaires ainsi que les enzymes salivaires lors de la nutrition de la larve (qui se développe) entraînent des modifications au niveau des substances végétales comme les hormones. Cette modification provoque la cécidogenèse, c'est à dire la formation de galles à partir des tissus de la plante.
L'organisme gallicole (qui habite la galle) n'apporte aucun avantage à la plante. Au contraire, la larve qui s'y développe détourne la nourriture du végétal pour son propre profit et elle a un effet sur l'efficacité de reproduction de la plante. Cependant, ce parasitisme a un effet qui reste relativement faible et qui ne provoque pas de grands dégâts au végétal.
Morphologie
Il existe de nombreuses formes différentes de galles. Cependant, deux morphologies principales sont déterminées :
La morphologie de cette galle dépend avant tout, du patrimoine génétique de l'insecte et non pas de la variété de chêne sur lequel le parasite se développe. En effet, deux insectes différents se développant sur une même feuille ne produira pas la même cécidie.
Ecologie
La galle peut-être considérée, quelquefois, comme un écosystème (unité écologique de base formée par le milieux vivant et les organismes animaux et végétaux qui y vivent). En effet, il reste un espace libre lorsque l'organisme gallicolle a terminé son développement au sein de la galle. Cet espace au niveau de la cécidie peut alors être colonisé par d'autres êtres vivants. La galle devient un abri tout trouvé pour les fourmis ou les forficules par exemple.
Récolte des cécidies
La cécidologie ne présente aucune difficulté particulière. Sur le terrain,
on peut récolter des galles en toute saison, l'hiver étant moins propice.
Il suffit d'observer attentivement les végétaux, en particulier la face inférieure
des feuilles, et aussi, si possible les parties souterraines.
On trouve des galles non seulement sur la plupart des plantes sauvages, dans
tous les types de végétation (forêts, sous-bois, talus, prairies, ...), mais
aussi sur les plantes cultivées, dans les jardins et sur les arbres
au coeur même des grandes villes.
La première démarche consiste à observer soigneusement la plante qui porte
les galles pour pouvoir l'identifier. Si cette identification n'est pas évidente,
il faudra prendre soin de recueillir suffisamment d'éléments (feuilles, fleurs,
fruits...) pour une détermination ultérieure de la flore.
GUENEAU Murielle, LE MEUR Myriam