
Géographie
Le Cap de la Hève marque la fin, au sud, du cordon de falaises du littoral
de la côte d’Albâtre, frontière naturelle du Pays de Caux .
Il culmine à 110-115 m au dessus de la mer et des éboulements
ont constitué une avant-falaise protectrice, stoppant momentanément
son recul provoqué par l’érosion (40 cm en moyenne par an pendant
les derniers siècles). Il protège l’anse de Ste-Adresse appelée
autrefois " port aux bateaux ", où les envahisseurs
venaient débarquer leurs troupes. L’ouverture de carrières d’extraction
d’argile et de silex ainsi que l’exploitation du galet contribua au mitage
de la falaise, principalement au 19° siècle. Le bas de falaise a été
aménagé en promenade déambulatoire où les Dyonisiens
(habitants de Ste-Adresse) et les Havrais viennent flâner, sauf pendant
les tempêtes ! Cet endroit est familièrement appelé
" le bout du monde… "
Géologie
De par sa composition le sol du Cap de la Hève est d’une richesse remarquable.
Géologues et paléontologues y trouvent leur bonheur, au gré
des pans de falaise qui s’écroulent régulièrement. Cette
falaise est formée à sa base d’argiles kimméridgiens
sur une épaisseur maximum de 7 m, et qui forment une terrasse avancée
de 100 à 150 m. A la surface de ces argiles se trouve une nappe aquifère
et, au-dessus, une assise sableuse plus ou moins ferrugineuse, épaisse
de 15-20 m. Au-dessus des sables, les couches de Gault qui contiennent aussi
un lit aquifère ; puis les glauconies, les craies jaunes-blanchâtres
à silex, et enfin les argiles à silex. L’ensemble de ces différentes
assises a une épaisseur de 90-100 m. Les eaux pluviales qui s’infiltrent
dans la masse crayeuse constituent une réserve d’alimentation des rivières
d’Harfleur et Montivilliers.
Histoire
La découverte d’ossements, de silex taillés et d’outils en bronze
sur le site du Cap montre que celui-ci était déjà occupé
aux temps préhistoriques. Une voie romaine partait du plateau en direction
du Tréport. En 1364 fut construit sur le point culminant du Cap, un
feu appelé " feu des castillans " destiné
à guider les bateaux espagnols venant décharger leurs cargaisons.
Ce fut sans doute le premier " phare " installé en France.
D’autres phares furent installés puis démolis au fil des siècles.
Vers 1374 l’écroulement de la falaise entraîna le village et
l’église de Quief-de-Caux dans la mer. Un autre village fut reconstruit
plus tard : Ste-Adresse. Mais l’effondrement de la pointe de la Hève
enleva la protection naturelle du petit port abrité et les débris
obstruèrent le chenal d’accès. A partir de 1490 des travaux
furent entrepris pour protéger le rivage : construction d’un mur,
d’une jetée, et d’épis. Malheureusement, par manque d’entretien,
la majorité des épis furent détruits par la mer et la
migration des galets menaça à nouveau les plages et les ports
alentour.

La légende de la Hève
Heva (la Hève) repose dans un tombeau en forme de falaise. Les rugissements
de cette montagne, sous l’effet de Neptune, dieu de la mer, avertissent les
marins de faire attention à eux. Amphitrite, épouse de Neptune,
touchée du malheur de Sequana (la Seine), fit creuser une petite baie
qui fut de tous temps un havre assuré contre les fureurs de son époux ;
"Quand propice aux vaisseaux
La Hève au sein des nuits allume ses fanaux
Quand le flot vient heurter, de ses vagues plaintives
Les rivages de Leure et la pointe de Dives… "
Casimir Delavigne
