Le mascaret

Egalement appelé "barre" ou "flot", le Mascaret a pendant des siècles imposé sa loi aux sites et aux riverains de l'estuaire, de l'embouchure jusqu'au-delà de Rouen.

Définition

Lors des grandes marées, la rencontre de la marée montante avec le courant descendant du fleuve fait naître une forte vague (mascaret) qui remonte le fleuve à grande vitesse. Il semble que ce phénomène soit dû à la superposition d'ondes successives qui se propagent avec une rapidité croissante, les dernières rejoignant les premières.

Formation d'un mascaret
Plusieurs conditions sont nécessaires pour qu'il y ait formation d'un mascaret :

  1. un estuaire en forme d'entonnoir
  2. un estuaire en pente douce
  3. une forte pente à l'embouchure

Mascaret de l'estuaire de la Seine

Dans l'estuaire de la Seine, le mascaret augmentait le niveau de l'eau jusqu'à + 2,5 m. La vague remontait vers l'amont a une vitesse de 25 km/h. Elle faisait courir de gros risques aux bateaux restés à quai, rompant leurs amarres et les fracassant sur le quai. Les bacs stationnaient au milieu de la Seine pour éviter tout accident.
Le point culminant du phénomène se situait à Caudebec-en-Caux. Il attirait de nombreux spectateurs dont certains se faisaient "doucher" par les débordements de la vague. Les accidents n'étaient pas rares et on dit même que la noyade de Léopoldine, la fille de Victor Hugo, serait due au mascaret.

Disparition

Les travaux d'endiguement successifs dans la Seine pour la construction du Chenal de Rouen ont fait disparaître le mascaret dans ses aspects spectaculaires en 1963.
Il ne reste que très peu de mascarets en raison des aménagements réalisés dans les estuaires. En France, subsistent les mascarets de la Durance et de la Garonne.

Le mascaret en Vallée de Seine

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