La limite haute de cette zone correspond aux hautes mers de morte eau. C’est un milieu saumâtre (concentration en sel de l’ordre de 10 g/l). Dans sa partie basse, cet estran vaseux ou sablo-vaseux est aisément remanié par le flot et cette instabilité rend la fixation végétale impossible. Près des berges vaseuses du chenal Nord le zoobenthos abonde; de nombreuses larves ou juvéniles d’organismes marins se regroupent en « nurseries » (crevettes, coquilles Saint-Jacques, poissons).
La faune observée comporte : Corophium volutator : petite crevette (8mm), vivant dans un terrier en U creusé dans la vase (15000 individus au m2). Il se nourrit de Diatomées et de Bactéries. Macoma baltica : mollusque bivalve (2,5 cm) à coquille lisse, triangulaire, à coloration externe variable (bandes blanc rosé ou violacé). Nereis diversicolor : ver polychète errant (5000 individus au m2). Palemonetes varians : crustacé. Carcinus maenas : crabe vert. Il s’agit d’une faune abondante mais peu diversifiée, témoignant d’un milieu de vie hostile (variations de salinité, asséchement périodique du milieu, anoxie du substrat, substrat instable).
La végétation est représentée par des plantes halophytes (succulentes à forte pression osmotique interne) pauvres en espèces et pionnières. Elle montre une zonation :
Cette zone n’est recouverte que lors des marées hautes de vive eau.
Elle est composée d’une roselière ou phragmitaie à peuplement
quasi-monospécifique de Phragmites australis. Présence
de quelques Agrostis maritima, Puccinellia maritima, Oenanthe
crocata, Angelica archangelica et Spergularia marina. L’exploitation
du roseau, intense autrefois, est aujourd’hui mécanisée et cantonnée
au Marais du Hode.
Sur environ 150 hectares, une expérience écologique de pâturage
extensif par des chevaux camarguais a été tentée afin
d'ouvrir ce milieu très dense.
Différentes espèces d'oiseaux viennent nicher : busard des roseaux,
butor étoilé, mésange à moustaches, fauvettes
aquatiques...
La roselière évolue rapidement par eutrophisation, puis par
boisement (saule).
Accolée à l’Est de la digue en crochet se développe une dune. Les premiers stades de colonisation végétale sont apportés par les plantes annuelles : Cakile maritima (Brassicacée), Salsola kali (Chénopodiacée), Atriplex (Chénopodiacée), Suaeda maritima. La fixation de la dune est assurée par des vivaces (Poacées) : Agropyrum junceiforme, Ammophila arenaria, Elymus arenarius, Festuca juncifolia, Koeleria albescens, Agrostis stolonifera, Phleum arenarium.
Les prairies humidesDe vastes zones plates et humides (hygrophiles) prédominent à
l’Est . Un réseau de drainage d’une eau plus ou moins saumâtre
le découpe. Des mares artificielles (mares à gabion ou gabions)
y ont été creusées par le Port Autonome et sont louées
pour la chasse au canard (canard pilet, colvert, canard siffleur, canard chipeau).
Autour des gabions existent des groupements spécialisés à
cause d’une tonte rase en été (chasse) et de la présence
d’eau salée. Les prairies à Carex otrubae sont pâturées
par des bovins. Depuis 1979, une expérience de pâturage par des
espèces écoadaptées a été pratiquée.
Les tendances agricoles s'oriente plutôt dans deux voies : drainage
et retournement pour créer des cultures, ou encore abandon et enfrichement.
Ces prairies ont un rôle d'alimentation et de nidification pour de nombreuses
espèces de passereaux, d'anatidés, de limnicoles, de rapaces
et de grands échassiers. Certaines populations rares, comme le râle
des genêts, s'y maintiennent.
Des terrains vagues ou remblayés à l’occasion du creusement du grand canal s’étendent à proximité des installations industrialo-portuaires. Ils sont colonisés par une végétation assez riche, avec des plantes provenant souvent des jardins et des cultures. Dans les dépression des terrains rapportés croît le Polypogon. Sur les parties exhaussées apparaît le sureau. Autour des gravières se trouvent des saules variés. Sur les sables bordant le grand canal poussent des peupliers plantés et des argousiers (Hippophae rhamnoides) dont les baies sont transportées par les oiseaux.