Les paramoudras

Silex verticaux abondants dans le sommet du Coniacien. Mot issu du gaëlique et de l'erse signifiant poire de mer (peura muireach).

Il s'ait de silex ayant une forme tubulaire. Les tubes vont de quelques millimètres à une trentaine de centimètres de diamètre et peuvent atteindre une dizaine de mètres de longueur. En coupe, le silex présente une structure annulaire. Au centre, se trouve un tube de 1 à 2 cm de diamètre de craie lithifiée. Le tube peut être vertical (cylindrique, piriforme, en forme d'obus, annelé) ou horizontal. Dans certains cas, on remarque un cylindre en U.

Il s'agit visiblement d'une trace organique à l'origine, celle d'un organisme fouisseur, creusant un terrier. La profondeur de pénétration est parfois assez grande (jusqu'à 3 mètres) et est difficilement explicable. L'organisme ou la trace sont désignés sous le nom de Bathicnus paramoudrae.
Bromley pense qu'à l'origine le terrier était gainé d'un tube et qu'il servait d'abri à l'animal (filtreur ou prédateur). L'espèce pouvait appartenir à une Annélide polychète, à un Pogonophore ou un Némerte.
Au cours de la diagénèse précoce, des minéraux authigéniques se concentrent autour du tube du bioturbateur. L'animal pénétre dans la boue bien au-dessous de la zone de réduction des sulfates. Il se nourrit de bactéries et fait circuler dans son terrier de l'eau de mer fraîche. En présence d'oxygène et de sulfate, les bactéries décomposent la matière organique. Le métabolisme des bactéries altère les fluides intersticiels autour du terrier. Des zones concentriques à redox différents se développent autour du terrier et il s'y précipite des minéraux authigéniques. On peut distinguer 5 zones :
1) zone aérobique à oxygène dissous. On assiste à la dissolution du carbonate.
2) zone suboxique à réduction du manganèse. Il y a formation de smectites ferro-magnésiennes qui se transforment en glauconite par absorption. La glauconite se forme dans des conditions légèrement réductrices. Le manganèse soluble diffuse vers les zones les plus oxydées et précipite sous forme de carbonate.
3) zone suboxique à réduction du fer. Le Fe 3+ est réduit en Fe2+. Il y a précipitation de la pyrite sous forme de nodules.
4) zone anoxique de réduction des sulfates. Des bactéries réductrices des sulfates précipitent le carbonate.
5) zone anoxique de réduction du dioxyde de carbone. L'accroissement du pH conduit à la dissolution de l'acide silicique monomérique. Les complexes siliceux négatifs s'accumulent dans les pores intersticiels. Ils se polymérisent et précipent sous différentes formes de silice.

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