Description
Les silex sont des accidents siliceux qui aparaissent dans des roches calcaires,
en particulier de la craie. Ils sont de forme
irrégulière: en rognons,en tubercules, en colonnes, en
couches, en réseau, en filons. On distingue généralement
deux parties : un coeur ou noyau plus sombre, gris ou noir, et un cortex plus
clair.
Différentes formes de la silice composent le silex : la silice hydratée
ou opale C-T partiellement cristallisée, la calcédonite fibreuse,
le quartz en aggrégats cryptocristallins. Le passage du cortex siliceux
à la craie est brutal pour le silex, c'est ce qui le différencie
du chert pour lequel le passage est graduel. L'opale est peu abondante et
présente à la périphérie du cortex. Le cortex
est fait essentiellement de calcédonite microporeuse dispersant la
lumière, ce qui donne sa teinte blanche. Une calcédonite compacte
forme le noyau. Elle est dure (dureté 7 : raye le verre), possède
une cassure courbe et esquilleuse (dite cassure conchoïdale), donne des
éclats tranchants et résiste aux acides (sauf l'acide fluorhydrique).
La croissance du silex se fait de manière centrifuge, c'est la partie
externe qui est la moins évoluée et la partie interne qui est
la plus évoluée. L'évolution normale de la silice est
opale > calcédonite microporeuse > calcédonite compacte > quartz.
Certains silex sont creux et montrent la croissance de cristaux de quartz.
Des silex atypiques se rencontrent parfois : paramoudras
ou silex verticaux, filons obliques ou horizontaux, brèches
de silex dont les modes de formation sont plus complexes
Certains silex noirs contiennent en leur coeur une poussière crayeuse
qualifiée de "farine de silex" très riche en microfossiles
(ostracodes, foraminifères planctoniques, spicules).
Origine de la silice
Le silicium est un élément chimique majeur des roches de la
croûte terrestre. Les roches magmatiques sont composées de minéraux
silicatés et leur décomposition par hydrolyse conduit à
la libération du monomère Si(OH)4, monomolécule d'acide
silicique, en solution vraie. A 20°C, la solubilité de la silice
amorphe est de 120 mg/l pour des valeurs de pH comprises entre 2 et 9. Cette
valeur est nettement plus faible (8 à 20 mg/l) pour les formes cristallines
de la silice (quartz, calcédonite). Les rivières transportent
la silice à la mer.
Précipitation
Certains organismes sont capables de précipiter et de fixer la silice
pour la construction de leur squelette (silicoflagellés, radiolaires,
diatomées, éponges). Dans le bassin de la craie, ces animaux
ou végétaux devaient proliférer et ils ont vraisemblablement
contribué à enrichir la boue crayeuse en silice amorphe.A leur
mort, la stabilité de la silice n'est plus assurée et la silice
dissoute enrichit l'eau intersticielle. La teneur en silice des solutions
intersticielles devait donc être voisine de la saturation. Dans ces
conditions, de faibles variations des facteurs déplaçant l'équilibre
physico-chimique ont pu engendrer la précipitation ou la remise en
solution de la silice. Parmi les causes de précipitation, on peut citer
le refroidissement, l'apport d'électrolytes ou la présence d'un
support organique. Les causes réelles restent souvent hypothétiques.
Le silex se forme par épigénie, c'est-à-dire par remplacement,
molécule par molécule, du carbonate de calcium par la silice.
Ce remplacement se fait, non pas à la surface, mais à l'intérieur
de la boue carbonatée lorsque celle-ci a subi une certaine induration.
L'amorce du phénomène correspond souvent à une hétérogénéité
locale (terrier de Thalassinoides, spongiaire
ou autre fossile) autour de laquelle se propage la silicification. On peut
voir, par exemple, un oursin dont le test a été partiellement
silicifié.
L'occurence des silex est à mettre en rapport avec la rytmicité
des dépôts crayeux. Dans certaines formations ryhtmiques
, les silex se cantonnent dans la moitié supérieure de la séquence
élémentaire (20-40 cm) dont l'origine est parfois expliquée
par la précession (mouvement conique de l'axe de rotation terrestre,
actuellement de période égale à 25 800 ans se traduisant
par deux périodes climatiques à 23000 et 19000 ans).
