L es structures superficielles
les plus remarquables sont des champs de mégarides, photographiés à basse
mer en mai-juin 1999. Pareilles structures sont fréquemment identifiées dans
les estuaires soumis à de fortes marées (FENIES et al., 1999 ; LARCOMBE &
RIDD, 1995 ; DALRYMPLE et al., 1978 ; ALLEN, 1984). Bien que n'étant observables
qu'à l'étale de basse mer, les mégarides présentent une morphologie qui traduit
les actions hydrodynamiques prépondérantes.
Ces mégarides ont une longueur d'onde variable, généralement comprise entre
8 et 12 mètres. Il s'agit presque toujours de mégarides
dissymétriques, ce qui traduit un déséquilibre entre les courants de flot
et de jusant. Aucune observation n'ayant été faite au sol, on ne peut qu'estimer
à une quarantaine de centimètres la hauteur des ondulations. Ces rides sont
le plus souvent linéaires, mais peuvent devenir sinueuses ou lingoïdes. L'échelle
de la prise de vue ne permet pas d'observer des structures plus petites.
Le Banc de la Brèche est dissymétrique,
longitudinalement et transversalement. Les mégarides se développent essentiellement
sur le flanc nord et ne débordent que localement sur le flanc sud. Le flanc
sud apparaît plus sombre et semble être constitué de vases sableuses.
En vives-eaux, les courants de jusant qui convergent vers le chenal sud ont
deux effets :
En résumé, le Banc de la Brèche est une barre estuarienne résultant d'un apport sableux marin sous l'effet du flot. Ces sables ne s'accumulent pas à l'extrémité est de la Fosse Nord, mais sont repris en sens inverse par les courants de jusant confinés au travers de la Brèche. L'accumulation maximale se produit à l'endroit où le banc offre la plus grande largeur. Son existence remonte à plusieurs années, mais il ne cesse de s'agrandir en gagnant vers le Nord, de manière concomitante avec le recul vers le Nord de la falaise de vase. Dans l'évolution future de la vasière, le comblement au Sud procédera sans doute par ensablement.