AccueilColloque International – Enfance et femmes de plume : Autrices et traductrices pour la jeunesse en Grande-Bretagne et en Europe du XVIIIe au XXIe siècles
1024px-Portrait_of_Lucy_Maud_Montgomery_at_her_desk_holding_a_pen_I0023627-720×340

Colloque International – Enfance et femmes de plume : Autrices et traductrices pour la jeunesse en Grande-Bretagne et en Europe du XVIIIe au XXIe siècles

Dates : du Mardi 5 mai 2026 au Mercredi 6 mai 2026

Lieu : Université Le Havre Normandie

Mis à jour le : 23/03/2026

RechercheAgenda
Agenda

La littérature pour la jeunesse, marginalisée depuis son émergence en Grande-Bretagne au milieu du XVIIIe siècle, est restée majoritairement l’affaire d’autrices tant qu’elle demeurait dans cette marge, mis à part dans le cas des auteurs d’œuvres canonisées comme Lewis Carroll, Rudyard Kipling, J.M. Barrie, A.A. Milne, C.S. Lewis ou J.R.R. Tolkien.

Qu’on songe par exemple au sort d’Edith Nesbit, qui publia la majeure partie de son œuvre à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, c’est-à-dire au moment même où Rudyard Kipling, J.M. Barrie ou encore Kenneth Grahame publiaient leurs chefs d’œuvre désormais canonisés, respectivement The Jungle Books (1894-95), Peter Pan (1904 pour la pièce, 1911 pour le roman) et The Wind in the Willows (1908). Nesbit, l’une des nombreuses autrices pour la jeunesse dont le nom de plume (E. Nesbit) masquait l’identité féminine et qui a fait l’objet de plusieurs biographies ou monographies dans les années 1950 et 60 (significativement écrites par des femmes), est presque tombée dans l’oubli aujourd’hui, alors même que son influence sur le roman contemporain pour la jeunesse s’est avérée déterminante.

Plus d’un siècle après le succès de The Railway Children (1905) et alors que la littérature pour la jeunesse a désormais atteint « sa maturité »[1] et qu’elle est enfin légitimée, celle-ci est en passe d’être dominée quantitativement par les hommes. Parmi les romans Young Adult de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle par exemple, les auteurs masculins ont tendance à être majoritaires. Or, depuis l’apparition de la littérature de jeunesse au XVIIIe siècle, il y a eu parmi les romancières britanniques de très belles plumes qui mériteraient davantage d’attention critique qu’elles n’en ont suscité, depuis Sarah Fielding (sœur de Henry Fielding) avec The Governess; or, The Little Female Academy (1749) jusqu’aux autrices des décennies récentes, comme Diana Wynne Jones, Geraldine McCaughrean, Frances Hardinge, Meg Rosoff ou encore Kiran Millwood Hargrave. Dans une certaine mesure, le genre de la littérature pour la jeunesse, dont la théorie demeure « liée au genre (gender) » selon Peter Hunt, pourrait se repositionner au XXIe siècle, à mesure que la femme « est redéfinie, réécrite, réaffirmée » et que « la structure hiérarchique du masculin [est] remplacée par la structure holistique du féminin » [2].

Ce colloque sur la place des femmes dans l’écriture pour la jeunesse en Grande-Bretagne et en Europe s’intéressera également au cas des femmes qui ont traduit pour la jeunesse. La traduction est une activité profondément genrée, au même titre que l’écriture pour la jeunesse. Souvent considérée comme l’activité ancillaire par excellence malgré sa créativité intrinsèque[3], elle a dans bien des cas servi de catalyseur à l’affirmation de la voix féminine à travers l’écriture pour la jeunesse.[4] Gillian Lathey démontre de manière convaincante que la traductrice de livres pour enfants a toujours fait partie des « traducteurs invisibles » de Venuti (1995) – voire « la plus transparente de tous » (2010, 5), mais aussi, selon les termes de Mary Howitt, traductrice des contes de Grimm en anglais et prolifique autrice victorienne pour la jeunesse, une « voyageuse, passionnée d’apprentissage des langues et professionnelle affirmée » (97).

Grâce à cette conférence, nous espérons approfondir l’analyse de certains des thèmes de recherche que Lathey a évoqués dans la conclusion de son ouvrage publié en 2010, en particulier celui du rôle des femmes traductrices pour les jeunes en Grande-Bretagne et en Europe.

Toutes ces questions, et d’autres encore, pourront être abordées au cours du colloque.

Les propositions de communications (400 mots maximum), en français ou en anglais, accompagnées d’un titre clair et d’une courte notice bio-bibliographique, sont à envoyer sous forme de deux fichiers Word séparés avant le 13 avril 2026 à Virginie Douglas (virginie.douglas@univ-lehavre.fr).

[1] Voir le titre de l’ouvrage de Maria Nikolajeva : Children’s Literature Comes of Age, Routledge,1996.

[2] Hunt, Peter, “Poetics and Practicality: Children’s Literature and Theory in Britain”, The Lion and the Unicorn, vol. 19 no. 1, 1995, p. 41-49.

[3] Cf. Laurence Kiefé, « Le traducteur est un auteur » in Traduire les livres pour la jeunesse : enjeux et spécificités, Hachette, 2008.

[4] En traductologie, il existe d’ailleurs un nouveau courant – translator studies (plutôt que translation studies) – qui aborde la traduction au prisme de la voix, du point de vue et de la biographie de tel.le ou tel.le traductrice.teur particulier.e.

Consultez les prochains événements à l’Université Le Havre Normandie

Voir l'agenda

Les thématiques les plus populaires

Trajectoires Flash Focus Web TV