Pascal RICORDEL présentera ses travaux dans le cadre de l’obtention de son Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) le 7 avril 2026 à 10h à L’Université Le Havre Normandie.
Sujet des travaux présentés
Désagrégation et interférences de proximité. Analyse spatiale appliquée à la dynamique urbaine, régionale et responsable
Spécialité
05 / Sciences économiques
Unité de recherche
EDEHN – Equipe d’économie Le Havre Normandie
Composition du jury
- Marie DELAPLACE – Professeur émérite des universités, Université Gustave Eiffel
- Etienne FARVAQUE – Professeur des universités, Université de Lille
- Samuel GRANDVAL – Professeur des universités, Université Le Havre Normandie
- Abderrahmane JAHMANE – Professeur HDR, IPAG Business School
- Julie LE GALLO – Professeur des universités, Institut Agro Dijon
- André TORRE – Directeur de recherche, Université Paris-Saclay
Résumé des travaux
Mes travaux de recherche consistent à désagréger les entités (la demande nationale en demandes régionales, les plans urbains en paniers de projets, l’activité économique en secteurs export et domestique, la responsabilité sociale et environnementale en ses différentes composantes) puis à utiliser les outils d’analyse spatiale pour identifier et étudier les interférences de proximité en matière de performance ou de frein. Ils portent sur les trois axes que sont les transformations urbaines, la croissance des régions de l’UE et le lien entre responsabilité sociale et performance financière pour les très grandes entreprises.
Sur l’axe des transformations urbaines, mes travaux enrichissent l’évaluation de la qualité des plans de transformation urbain par la construction d’indicateurs de connectivité, centralité et de cohésion, dérivés de la théorie des réseaux. Cette dimension spatiale vise à faire ressortir l’architecture des connexions entre les projets au sein d’un plan pour capter et évaluer les effets structurants. Appliqués aux plans de régénération des villes normandes, récemment aux méga- événements des jeux olympiques et aux projets d’héritage qui en découlent (plan baignade en Seine), mes travaux en cours évoluent vers la prise en compte et le rôle de l’intelligence artificielle dans le planning urbain consacré à la résilience environnementale.
Sur l’axe de la croissance des régions de l’UE, mes travaux concernent l’économie de la croissance/résilience régionale. La crise du Covid a fait ressurgir la question du rôle prééminent du secteur domestique sur le secteur export dans le potentiel de croissance et de résilience des régions. Porté par de nombreuses théories (Diamond model, Porter, 1998 ; Hat model de Martin, 2003 ; Resilience model de Boshma, 2015), aucune analyse empirique ne vient les étayer. Mes travaux ont consisté à développer un modèle de croissance endogène dynamique fondé sur celui de Barro (1991) avec des effets fixes individuels et temporels, augmenté d’endogénéité spatiale pour tenir compte des interférences de proximité. L’étude des 263 régions de l’UE sur 15 ans démontre alors la prééminence du secteur domestique sur le secteur export en matière d’impact de la productivité sur la croissance et sur la résilience (variable du chômage) des régions.
Le dernier axe de mes travaux porte sur la relation entre RSE et performance financière des grandes entreprises et s’inscrit dans la dialectique entre Friedman et Freeman, « Paye-t-il d’être bon ? ». S’appuyant sur l’hypothèse d’asymétrie d’information entre parties prenantes, mes travaux mesurent les interférences réputationnelles de proximité provenant du secteur et du pays d’appartenance sur 125 entreprises internationales cotées sur la période 2010-2018. Les composantes de la RSE sont alors désagrégées en sous-composantes. Une spécification dynamique avec interaction spatiale exogène permet de montrer l’existence de fortes interférences réputationnelles de voisinage (effets de contamination) concentrées sur la sous- composante RSE « produit », confirmant l’existence d’effets de halo et conduisant à des implications théoriques et pratiques fortes.
