Trajectoires franco-allemandes : Regards croisés avec Agathe Bernier-Monod et Léonie Adam
Mis à jour le : 29/01/2026
À l’occasion de la Journée franco-allemande, l’Université Le Havre Normandie met en lumière deux parcours engagés au service du partenariat franco-allemand, à travers un portrait croisé entre Agathe Bernier-Monod, maîtresse de conférences en études germaniques, et Léonie Adam, volontaire allemande de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) en service civique.
• Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
Agathe Bernier-Monod :
Je suis maîtresse de conférences en études germaniques à l’Université Le Havre Normandie depuis 2018. J’ai commencé l’allemand très tôt, dès le collège, comme première langue. J’ai eu la chance de participer à des échanges avec des familles allemandes, et j’en garde un souvenir très positif, très chaleureux.
À 17 ans, j’ai découvert Berlin, et là, ça a été un vrai choc culturel. J’ai adoré cette ville. Ça a clairement confirmé mon envie de continuer dans cette voie.
J’ai ensuite fait des études d’allemand à l’ENS de Lyon, puis j’ai vécu à Berlin pendant cinq ans pour mon master et ma thèse. Ma thèse portait sur l’histoire politique allemande du XXᵉ siècle, que j’ai soutenue à Sorbonne Université. J’ai aussi passé l’agrégation d’allemand, puis j’ai obtenu un poste ici, au Havre.
Aujourd’hui, je continue mes recherches sur la résistance allemande au nazisme et sur la reconstruction de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale.
Léonie Adam :
Moi, je m’appelle Léonie Adam, je suis née en Allemagne et je viens de Weimar, au centre du pays. J’ai passé mon bac l’année dernière, en 2025, avec des matières tournées vers les sciences sociales et l’art, qui est vraiment une passion pour moi.
Pendant mon volontariat, mon objectif, c’est de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir plein de choses et surtout de réfléchir à mon orientation. J’hésite encore entre la communication, la culture ou l’histoire.
Depuis septembre, je suis volontaire OFAJ en service civique à la Direction des Relations Internationales. J’aide les étudiants internationaux, je crée des flyers, je mets à jour des listes, et je participe à l’organisation d’événements. Comme pour tous les volontaires OFAJ, ma mission dure dix mois.
• Pourquoi avoir choisi l’Université Le Havre Normandie ?
Léonie Adam
En Allemagne, j’ai étudié l’anglais comme première langue étrangère et le français en deuxième. Quand j’avais 15 ou 16 ans, j’ai fait un échange en France pendant deux mois, et ça m’a vraiment marquée. J’adore la culture, la langue et la vie en France.
Après mon bac, je voulais absolument revenir pour améliorer mon français. Grâce à l’OFAJ, tout est très bien organisé : on est accompagné dans les démarches, on est indemnisé, logé, et les transports sont pris en charge. Chaque mois, on participe aussi à des séminaires avec d’autres volontaires, ce qui permet de rencontrer du monde.
J’ai passé plusieurs entretiens avec d’autres universités, mais ce qui m’a convaincue ici, c’est l’accompagnement de l’Université Le Havre Normandie, surtout pour les démarches administratives. Je me sens vraiment soutenue. Et puis l’université a déjà accueilli d’autres volontaires avant moi, donc il y a une vraie expérience d’accueil… une ancienne volontaire m’a même laissé son vélo !
• Quel rôle joue l’OFAJ dans le rapprochement entre les jeunes Français et Allemands ?
Léonie Adam :
L’OFAJ propose énormément de possibilités de mobilité et facilite vraiment les échanges. C’est très facile de rencontrer des Français grâce à ce programme.
Par exemple, les billets de train pour les séminaires sont pris en charge, et on se retrouve pendant une semaine dans différentes villes en France ou en Allemagne pour échanger sur nos expériences.
Il y a aussi des tandems linguistiques, des jeux, des activités pour apprendre la langue de façon ludique, avec des chansons, des présentations, des discussions… Ça aide beaucoup à oser parler.
Agathe Bernier-Monod
L’OFAJ finance un très grand nombre de dispositifs : des échanges pour les adolescents, des séjours en famille, des stages, des bourses, mais aussi des programmes pour les jeunes professionnels.
J’ai moi-même été animatrice pour des projets financés par l’OFAJ. J’ai par exemple accompagné de jeunes coiffeuses françaises en formation à Berlin, ou encore des apprentis bouchers allemands à Paris.
Ce qui est important, c’est que l’OFAJ permet à des jeunes qui ne partiraient pas forcément autrement de vivre une expérience à l’étranger, tout en les accompagnant et en valorisant l’apprentissage de la langue.
• Quelles sont vos missions en lien avec la Direction des Relations Internationales ?
Léonie Adam :
Mon rôle, c’est surtout d’informer les étudiants sur les partenariats, notamment avec l’Allemagne, et de leur donner envie de partir à l’étranger. Je travaille aussi beaucoup avec les étudiants internationaux, qu’ils viennent de Corée, des États-Unis ou d’ailleurs.
J’aide à organiser des soirées, des événements, je prépare des affiches, j’écris des mails d’invitation et je m’occupe de toute la logistique, comme les transports ou les activités.
Agathe Bernier-Monod :
De mon côté, j’essaie surtout d’encourager les étudiants. On sait que les contraintes financières peuvent être un frein, mais même partir quelques semaines ou un semestre, c’est déjà très formateur.
Ça montre qu’on est autonome, capable de s’adapter à un autre contexte, de parler une langue étrangère. Et avec les nouveaux programmes de mobilité, comme ceux développés avec EUNICoast, les départs deviennent plus accessibles.
• Comment s’est passée votre arrivée en France et à l’université ?
Léonie Adam :
Le volontariat commence toujours par un séminaire d’accueil. Pour moi, c’était à Strasbourg. On rencontre tout de suite d’autres volontaires, on échange par messages, donc on ne se sent jamais seule.
À l’université, il y a aussi des étudiants tuteurs qui aident pour les démarches, le logement, le CROUS, ou en cas de problème. Et la DRI m’a beaucoup accompagnée dès mon arrivée.
• Une chose qui vous a particulièrement marquée en France ?
Léonie Adam :
Les expressions françaises ! Certaines m’ont vraiment fait rire, comme “avoir le nez bouché”, qui se traduit littéralement par “avoir le nez court” en allemand.
J’ai aussi remarqué que les trains sont plus ponctuels en France qu’en Allemagne, mais que les Français respectent moins les feux rouges. Les Allemands sont plus habitués également aux accolades
- Quels sont vos projets pour la suite ?
Agathe Bernier-Monod :
Je continue mes recherches sur la résistance au nazisme dans le cadre de mon habilitation à diriger des recherches, et bien sûr l’enseignement de l’allemand et de l’histoire de l’Allemagne. Et j’espère continuer à accueillir des volontaires allemands à l’université.
Léonie Adam :
Je réfléchis encore à la suite. J’aimerais beaucoup étudier dans une université en Allemagne ou en Autriche, avec peut-être un semestre à l’étranger. J’aimerais rester dans les domaines de la culture, de la communication ou de l’histoire.
Et à côté, j’aimerais continuer des projets personnels, notamment autour du théâtre ou du cinéma, que j’adore.
- En savoir plus :
Le Volontariat Franco-Allemand de l’OFAJ s’adresse aux jeunes de 18 à 25 ans souhaitant vivre une première expérience professionnelle à l’étranger (écoles, universités, associations, administrations, secteur écologique…).
• Durée : 10 mois
• Indemnité mensuelle d’environ 500 €
• Logement et déplacements pris en charge
Partir en Allemagne avec l’OFAJ, c’est vivre une expérience internationale encadrée, enrichissante et accessible, dans un pays proche culturellement et géographiquement, tout en développant des compétences clés pour l’avenir.
Plaquette de présentation Volontariat Franco-Allemand dans l’enseignement supérieur : aac-volontariat_universitaire
Pour toute information sur les mobilités internationales :
dri@univ-lehavre.fr
