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Pascal Pareige, porteur du projet FEDER SUPERMEN - Portrait

lundi 25 avril 2016

Financé sur des fonds FEDER, le projet SUPERMEN étudie les alliages métalliques et plus particulièrement leur vieillissement. Pascal Pareige qui coordonne l’activité de recherche liée à ce projet pour le Laboratoire Ondes et Milieux Complexes – LOMC a accepté de présenter ce projet intitulé « De la SUrface au volume : Propriétés Et Relations avec la Micro Et la Nanostructure des alliages métalliques ».

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Professeur d’Université depuis 1998, j’enseigne à l’IUT du Havre dans le département Génie Électrique et Informatique Industrielle. J’effectue mon activité de chercheur, depuis 1985 au laboratoire qui se nomme aujourd’hui Laboratoire Ondes et Milieux Complexes, LOMC labélisé CNRS et dont les locaux sont situés au Havre rues Prony et Bellot (sauf la plateforme Composite localisée à Caucriauville). Mes activités, relèvent et concernent, du point de vue strictement scientifique, le contrôle et l’évaluation des caractéristiques physiques des matériaux au moyen d’ondes ultrasonores.

Vous avez obtenu un financement pour le projet SUPERMEN, quel est l’objectif de ce projet ?

SUPERMEN est l’acronyme de « De la SUrface au volume : Propriétés Et Relations avec la Micro Et la Nanostructure des alliages métalliques ». C’est un projet qui concerne les matériaux métalliques. Il s’agit d’étudier les problèmes dus aux vieillissements. La dégradation du matériau peut avoir lieu en surface et être due à un endommagement mécanique (choc) ou chimique (corrosion liée à un milieu agressif). Mais cette dégradation peut ne pas être visible et apparaitre au cœur du matériau (fissuration thermique ou irradiations). L’approche globale de ces phénomènes concerne des matériaux d’intérêt industriels. Le but recherché est de prévenir ce type de risque et d’être capable d’y remédier rapidement. Les trois entités concernées par ce projet sont le Groupe de Physique des Matériaux de l’Université de Rouen, le CRT Analyses et Surface de Val de Reuil et le Laboratoire Ondes et Milieux Complexes de l’Université du Havre. Les trois partenaires ont des compétences très complémentaires tant sur l’analyse des surfaces que des volumes et s’attaquent au problème à des échelles différentes comprises entre le nano et le micro mètre. Les techniques d’analyses utilisées pour analyser un métal par nos partenaires dans ce projet sont destructives : il faut extraire l’échantillon à analyser, souvent le polir, voire même l’évaporer, réaliser des coupes micrographiques pour visualiser, analyser et comprendre les mécanismes de vieillissement. Par ailleurs, un grand nombre des études menées sont réalisées quand le problème est déjà survenu. Il est important de pouvoir compléter ces études post mortem par des analyses utilisant des méthodes non destructives, pouvant s’appliquer à des matériaux en service, alors que les mécanismes de dégradation sont à l’œuvre (détection d’une oxydation, la rouille par exemple, au cœur d’un câble métallique tressé). C’est dans ce cadre que les chercheurs en acoustique du LOMC interviennent en travaillant sur la mise au point d’un contrôle de l’évolution au long terme des propriétés mécaniques des matériaux afin d’estimer le vieillissement du matériau que ce dernier subit en utilisation.
Notre contribution à ce projet est la mise au point d’un banc de mesures mettant en œuvre la technologie EMAT (Electro Magnetic Acoustic Transducer) qui permet de générer des ultrasons en induisant des courants de Foucault dans le matériau métalliques. La technologie EMAT permet de générer aisément des ondes permettant une exploration en volume du matériau en travaillant non seulement sans contact avec le matériau mais aussi à travers un revêtement non conducteur adhérent ou non à la pièce (peinture, époxy, isolant etc.). Pour reprendre l’exemple précédent ; cette technique permet une osculation d’un câble protégé d’un revêtement en PVC, sans avoir ni à retirer, ni à préparer le revêtement.
Notre objectif dans ce projet est donc de développer une méthode d’analyse macroscopique non destructive en surface et en volume de l’état de dégradation des métaux par des ondes ultrasonores au moyen de la technologie EMAT.

Sur quels critères votre projet SUPERMEN a-t-il été sélectionné ?

Les Grands Réseaux de Recherche ont été créés en 2007 par la Région de Haute-Normandie, en lien avec les établissements, pour valoriser les disciplines et les équipes de recherche. Leur politique relève de la mise en synergie de chercheurs complémentaires autour de projets répondant à un objectif scientifique précis. L’objectif est de faire converger les moyens, de l’Union européenne, de l’État français et de la Région Haute Normandie, pour impulser une dynamique à la recherche haut-normande. En janvier 2015 le Réseau de Recherche « Matériaux » à lancé un appel à projet devant entrer dans le cadre de la SRI-SI (Stratégie Régionale d’Innovation pour une Spécialisation Intelligente).
Les différents projets ayant répondu ont été évalués par des experts extérieurs à la Région Haut Normande lors d’un comité scientifique propre à la thématique « Matériaux ». La sélection des projets a eu lieu lors d’un comité de pilotage en mars 2015 en fonction du niveau d’exigence et d’intégration entre les projets de recherche et de technologie, les projets de thèse et de post-doctorats, la formation à l’insertion professionnelle des doctorants, les colloques et in fine du potentiel d’application vers le monde socio-économique.
Dans le contexte de la Réforme territoriale pour la période 2014-2020 ainsi que de la mise en place du CPER (Contrats de Plan État-Région) et du Programme opérationnel FEDER (Fonds Européen de Développement Économique Régional), le financement des projets sélectionnés relève d’un double montage financier reposant à montants quasi égaux sur les crédits CPER et FEDER.

Comment s’est déroulé le montage d’abord ?

Le montage dépend avant tout des contraintes liées au cadre dans lequel il est déposé. Pour ce projet un des éléments clé du montage est celui de la bonne connaissance du réseau régional de laboratoire ou de centre de recherche. L’autre élément clé est la connaissance (ou mieux encore l’anticipation) des besoins industriels en termes d’objectifs sectoriels et de verrous technologiques à surmonter. Les besoins des industriels sont analysés ici en termes de recherche fondamentale et intégrés dans des projets de laboratoire : ce projet n’inclus pas de transfert de technologie. C’est donc lors de réunions de quelques responsables scientifiques normands que s’est construit et affiné ce projet. Chacun amenant ses compétences scientifiques et sa vision des problèmes des actuels des industriels.
La phase suivante, plus délicate, fut le montage financier. Les crédits de ce projet concernent l’équipement bien sûr mais aussi le fonctionnement et de la masse salariale. En effet pour mener à bien ce projet sur 3 ans une allocation de thèse et un contrat post doctoral de 12 mois sont alloués au LOMC. Tous ces crédit sont affectés (y compris le fonctionnement) et ont dû être, avec une marge de manœuvre de quelques pourcents, répartis à montants quasi égaux tant sur les demandes de crédits CPER que FEDER. Les porteurs de projet des laboratoires ont été assistés lors de ces montages par le service de Gestion des Fonds européens de la Région Haute Normandie et localement nous avons bénéficié du concours de la DIRVED de l’Université du Havre.

Aujourd’hui, comment pilotez-vous ce projet et quelles sont les grandes étapes à venir ?

Le projet est découpé en trois actions.
La première est très théorique et s’effectue en marge des deux autres : elle fait l’objet d’une thèse en cotutelle avec la « National and Kapodistrian University of Athens ». Le sujet de cette thèse traite de l’analyse et du contrôle des ondes élastiques dans des structures phononiques métalliques au moyen de champs externes. Un matériau phononique est un matériau particulier car il est composé de divers matériaux de propriétés élastiques distinctes agencés entre eux suivant une structure périodique. Bruno Morvan, Reveka Sainidou et Pascal Rembert encadrent ce travail.
Les deux autres actions sont expérimentales. Moncef Ech Chérif El Kettani, Damien Leduc, Hugues Duflo et un post doctorat financé par le projet élaboreront le banc de mesure spécifique aux EMAT (travail de conception et d’instrumentation) qui permettra de contrôler de façon non destructive les propriétés des matériaux métalliques et mettront au point des protocoles de mesures pour ces contrôles non destructifs du vieillissement des métaux. Ces protocoles dépendront de la nature du matériau, de sa forme et de la nature des dégradations à identifiées. Des réunions de travail avec les partenaires sont programmées ainsi que des campagnes de mesures sur des échantillons provenant du CRT A&S.
Sur l’ensemble du projet il est prévu six livrables : ce séquencement permet de rythmer la vie du projet. Cinq rapports d’étapes synthétiques permettront de suivre l’état d’avancement des taches présentées dans les fiches d’action, des recrutements et de l’organisation du travail. Leur but et leur échéance prévisionnelle de livraison sont définies. Le dernier livrable est le rapport final de ce projet qui est prévu concomitamment à la soutenance de la thèse du projet.

Mise en ligne : 26-04-2016 - Mise à jour : 23-05-2016

Informations pratiques

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Direction de la recherche, de la valorisation et des études doctorales (DiRVED)

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